ARTICLE DE LA SEMAINE 

IdéNum, un projet de label pour l’identité numérique




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Publié le 04/02/2010, par Stéphanie Chaptal
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Qui est qui sur Internet ? Si la blague de savoir qui communique avec vous derrière l’écran est presque aussi vieille que le Web, elle pose de sérieux problèmes pour les administrations et les entreprises voulant se servir d’Internet pour communiquer avec leurs administrés et leurs clients.


En attendant une éventuelle carte d’identité électronique capable de vous authentifier sur le Web comme dans la rue, le secrétaire d’État à l’Économie numérique, Nathalie Kosciusko-Morizet, veut lancer IdéNum. Sous ce nom se cachera un label qui validera des dispositifs d’authentification des internautes auprès de multiples sites. À la différence de systèmes gratuits comme Open ID, Facebook Connect ou Microsoft PassPort, il ne s’agit pas d’une simple combinaison identifiants/mot de passe réutilisable sur différents sites, mais bien d’un système sécurisé « équivalent à celui de la carte bancaire, » selon le ministre.

Concrètement, l’internaute voulant s’identifier sur un site avec IdéNum devra avoir un support physique (clé USB, carte à puce avec lecteur, téléphone portable ou baladeur) incluant un processeur capable de faire des calculs cryptographiques. Ce support contiendra un certificat numérique, similaire à celui déjà utilisé pour la télédéclaration des impôts en ligne ou pour certaines professions (comme les notaires) et devra être demandé auprès d’un organisme certifié (sa banque, son entreprise ou autre). Ce certificat sera lié à l’identité réelle de l’internaute (au moins son nom et son prénom) et devrait permettre l’éclosion de nouveaux services sur le Web (ouverture d’un compte bancaire ou souscription d’un prêt en ligne, inscriptions sur les listes électorales). Pour accéder au service souhaité, l’internaute connectera son support à son ordinateur et tapera un code PIN, similaire encore une fois à celui de sa carte bancaire. En cas de perte du support, il pourra y faire opposition, pour éviter qu’un autre n’usurpe son identité sur le Web.

Du coup, en étant plus sécurisé, le système devrait être payant. « Il va falloir financer ce service, sans qu’il devienne une charge pour le contribuable, » estime Ariane Obolenski, directrice générale de la Fédération des banques françaises, l’une des institutions soutenant IdéNum. À quel prix ? Le mystère demeure. En pratique, dans les secteurs où ce type de systèmes est déjà implanté, les certificats numériques sont vendus entre 10 et 35 euros et valables entre 2 et 5 ans. Le tarif n’est pas le seul flou qui entoure cette solution. De nombreux points restent à régler avant son lancement officiel en 2011 : quel sera le niveau de sécurité des certificats ? Qui pourra les délivrer ? Quelles seront les preuves demandées pour en obtenir un ? Toutes ces réponses demeurent sans réponses, mais Nathalie Kosciusko-Morizet promet un prototype opérationnel dès l’automne 2011. Reste à savoir si l’idée séduira les internautes…


Copyright de la caricature est New york Times P.Steiner.

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